Le gouvernement de la République du Gabon avait confié il y a quelques années à la Haute Autorité Portuaire de Mayumba - organisme had hoc- la mission de contribuer à la promotion et à la construction d’un port en eau profonde à Mayumba au Sud ouest du Gabon à environ 196 km de la capitale économique du Congo-Brazzaville (Pointe-Noire), et à une centaine de kilomètres de la ville pétrolière de Gamba.
Ce port, qui serait construit dans le sud-ouest du Gabon, d’une importance capitale, servirait principalement à accroître la valeur de la région grâce à la commercialisation et à l’exportation de ses ressources naturelles (le fer, le bois, le pétrole, le talc, l’or, les produits agricoles et de la pêche). Il devrait également permettre d’améliorer l’accessibilité à la région de Nyanga et créer un environnement commercial favorisant le développement de la pêche industrielle et de zones marines de plaisance.
Le projet du port, qui serait financé par un partenariat public-privé - c'est la volonté de l'Etat gabonais-, comprendrait trois composantes, à savoir :le port et les services associés; une auto-route reliant la région de Nyanga à la mer ;et un pont sur la lagune Banio menant au port.
Bien que le gouvernement ait indiqué sa préférence pour financer uniquement les routes d’accès et laisser le financement et la construction du port aux soins du secteur privé, le Consultant avait proposé que le secteur public se charge de la plupart des infrastructures, notamment la construction d’une route de 109 kilomètres, d’un pont de 300 mètres – qui tiendra compte de la circulation des bateaux de plaisance dans la lagune dont les bateaux mouches- et des infrastructures portuaires de base, tandis que le secteur privé pourrait contribuer au port en construisant des entrepôts et en installant les équipements nécessaires.
Les estimations du coût total du projet s’échelonnent entre 147 millions et 250 millions d’euros. Cette fourchette importante reflète les deux possibilités construction du port - en deux phases, et en termes de largeur de la route et du pont : 2 ou 4 voies.
Le développement du port de Mayumba, qui a été évoqué pour la première fois en 1958, a fait l’objet d’une étude préliminaire de faisabilité en 1976, laquelle a été mise à jour en 1984 par BCEOM, une société française d’ingénierie. Plus récemment, en juin 2003, la société belge Lambda Plan SA (le « Consultant ») avait effectué une préétude de faisabilité qui a été financée par la Banque africaine de développement puis une autre – finale – venait d’être financée par la Banque islamique de Dévéloppement.
Le projet et Description
Le port en eau profonde serait constitué dans un premier temps de 3 quais (avec la possibilité d’en construire jusqu’à 5), dotés d’une capacité de 832 000 tonnes par an sur une période de 20 ans et offrant une capacité de réserve additionnelle de 1 200 000 tonnes par an. A titre indicatif, un niveau d’activité de 200 000 tonnes par an au minimum est requis pour justifier la construction d’un quai.
Le port présenterait les caractéristiques suivantes :
-Zone de stockage du bois sur le site de Matouti (environ 30 hectares).
-Construction d’un site en béton (entreposage temporaire)
- Longueur : 100 mètres ; largeur : 30 mètres
-Construction d’un quai de chargement pour les marchandises générales
-Longueur : 450 mètres ; largeur : 45 mètres
-Construction d’un quai pour les vedettes, les chalands, les bateaux de pêche
-Longueur : 200 mètres ; largeur : 25 mètres
-Construction d’un petit quai pour les remorqueurs, les navires de plaisance,
les pêcheurs, etc.
-Longueur : 100 mètres ; largeur : 20 mètres
Le port de base serait initialement construit selon l’illustration ci-dessus et pourrait être agrandi pour inclure un ou plusieurs quais supplémentaires.
L’illustration ci-dessous représente la taille maximale que le port pourrait atteindre, s’il devenait un centre régional au terme d’une période de 20 ans.
Minimal Structure
Le port en eau profonde serait situé dans la lagune. Pour accéder au port, il serait nécessaire de construire un pont d’accès de 300 mètres qui enjamberait la lagune, ainsi qu’une route de 109 km qui faciliterait l’accès au port. Le pont et la routemenant au port comprendraient 2 ou 4 voies.
Impacts environnementaux et sociaux
Le Consultant a réalisé une étude d’impact environnementale qui a mis en lumière
un certain nombre de points, notamment le besoin de protéger la riche biodiversité de Mayumba et des zones alentours.
Lors du Sommet de Yaoundé sur les forêts (1999) qui s’est tenu sous l’égide conjointe du Président du Cameroun et du Fonds mondial pour la nature, le Gabon a déclaré parc national protégé une portion de la bande côtière de Mayumba (Parc national de Mayumba voir le site web : www.mayumbanationalpark.com).
Cette zone, qui commence aux frontières nationales avec le Congo, s’étend sur 50 km le long de la côte et couvre une largeur de 16 km (15 km en mer et 1 km sur terre). Le Parc national est situé à 25 km au sud de l’emplacement prévu pour le Port de Mayumba.
Le Parc a pour objectif principal de protéger la faune sauvage, notamment les tortues de mer et les baleines.
Mayumba abrite de nombreuses espèces de poissons et un riche environnement biologique, ce qui exige des études plus approfondies sur les effets environnementaux du port avant le lancement du projet. L’impact social sur la population locale est limité.
L’étude a estimé que près de 30 familles devront être relogées, ce qui représente un coût humain et financier minime.
Justification économique et Promotion des exportations
Le gouvernement du Gabon a pour ambition de contribuer à la croissance économique de la région méridionale du pays - très négligée quelques années dès l’accession du Gabon à « l’indépendance »- et, à cet égard, a entrepris d’étudier la viabilité de la construction d’un port en eau profonde dans la ville de Mayumba.
La région méridionale du pays contient des quantités importantes de bois, ainsi que d’autres ressources minières, telles que le marbre, le fer, les minerais et d’autres ressources qui, bien que non exploitées, recèlent un potentiel important.
A l’heure actuelle, l’infrastructure destinée aux activités commerciales (exportations) de la ville de Mayumba est très rudimentaire. Les incidences économiques du futur port en eau profonde de Mayumba sont estimées à plus de 5000 milliards de produits intérieur brut avec une création d’emplois estimée entre 50.000 et 100.000.
Déjà, des cadres gabonais de la diaspora,avec à leur tête l’architecte DPLG et urbaniste David Asseko Minko ainsi que Messieurs Jimmy Mapango et Placide Ibouanga Moussounda -tous patrons de la puissante association gabonaise DIAGAU à Paris-, projètent la mise en place des fonds d’investissements pour lever un ou plusieurs financements de près de 800 millions d'€uros destinés principalement à ce projet et à celui de Bélinga au nord est du pays dans la région de l’Ogooué-ivindo.Ce fond intégre le financement des projets immobiliers (commercial, logements et prise de participations dans les différents consortium d'entreprises, dans le commerce et les services à travers le pays).
Le principal objectif du port sera de faciliter l’exportation des ressources (notamment le fer, le marbre le bois, le pétrole, le talc, l’or, les produits agricoles et de la pêche) de la province de Nyanga et des régions avoisinantes. Nous y reviendrons.
Par Laurent Laporte
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